26/08/2015

Le congé paternité est en marche

Les femmes suisses ont dû attendre soixante ans avant d’obtenir (enfin), en 2005, un congé maternité. Les hommes accepteront-ils de patienter autant de temps avant de décrocher un congé paternité? Le sondage publié dimanche dernier est incroyablement net: l’immense majorité des Suisses considère que la naissance d’un bébé est aussi l’affaire du père et que celui-ci doit prendre du temps pour gérer l’événement. Preuve, s’il en fallait, que le rôle paternel au sein de la famille a subi une révolution ces dernières décennies: la présence du papa dans les premières semaines de la vie d'un enfant semble aller de soi pour tout le monde.

La Suisse accuse un retard considérable sur certains pays nordiques en matière de congé parental. Après une législature où les partis ont joué des coudes pour venir au chevet de la famille, il serait fâcheux que le monde politique s’en tienne au méchant aphorisme du ministre Queuille: «Il n’est pas de problème qu’une absence de solution ne finisse par résoudre. »

La date de parution de ce sondage n’est bien entendu pas anodine: ces chiffres étaient publiés la même semaine où les partis entraient dans la dernière ligne droite avant les élections fédérales d’octobre. Le but de la gauche et des syndicats est de dépasser le thème de l’asile, qui a tout dominé ces derniers mois. Mardi dernier déjà, le PS et le PLR mettaient habilement en scène une prise de bec entre leurs présidents respectifs pour essayer de recentrer le débat sur les fondamentaux: économie, salaires, logements…

Le congé paternité est aussi un choix de société, mais il serait faux de le réduire à un combat gauche-droite. Des entreprises comme Migros, Swisscom ou Google offrent déjà une telle prestation, dans l’idée qu’un soutien aux familles contribue au bien-être et à la productivité de leurs employés. Le secteur privé montre la voie: la droite progressiste aurait tort de l’ignorer.