21/04/2014

Dr House contre Dr Schweitzer

Le médecin de famille menace de devenir une denrée rare en Suisse. Un tiers des généralistes de ce pays vont remettre leur cabinet ces prochaines années et beaucoup ne trouvent pas de repreneur. Les étudiants préfèrent s’orienter vers des spécialités.
L’arrêté fédéral sur les «soins médicaux de base», sur lequel nous voterons le 18 mai, serait l’une des réponses à ce problème, selon le ministre de la Santé, Alain Berset.

 

On ne peut pas blâmer un étudiant en médecine de préférer une spécialité à la bonne vieille médecine générale. Cela revient, en caricaturant à peine, à opter pour la figure du Dr House plutôt que celle du Dr Schweitzer. Le premier est un génie qui met en œuvre son intelligence et toute la batterie des progrès techniques pour combattre les maladies. Le second pratiquait l’art médical avec humilité en faisant ses consultations dans la brousse africaine, sans attendre reconnaissance ni richesse. Prestige et ambition contre vocation humanitaire.

 

Les pouvoirs publics n’ont pas attendu la votation du 18 mai pour agir. Les facultés de médecine tentent de favoriser la «vocation» depuis l’an dernier. Le master plan du Conseil fédéral vise à revaloriser financièrement les consultations des généralistes. Et la création de cabinets groupés permettra à ces praticiens d’exercer avec des horaires de travail plus acceptables ou à temps partiel.
Le coup de gueule des médecins hospitaliers sur leurs horaires, la semaine dernière, montre une génération actuelle moins prête à sacrifier sa vie privée sur l’autel d’une profession.

Les mesures étant déjà prises, il n’est pas exclu que l’article constitutionnel du 18 mai soit un luxe. Mais cette campagne a au moins le mérite de rappeler l’importance de la profession de généraliste. Il s’agit de lui redonner du lustre pour répondre à un besoin grandissant de la population.