28/02/2015

Un feu vert au mariage pour tous

Une majorité de Suisses soutient l’union civile des personnes de même sexe, si l’on en croit deux sondages dont les chiffres ont été publiés dimanche dernier. Ces résultats tombent à pic pour doper le projet de loi des Vert’libéraux en faveur d’un «mariage pour tous», approuvé vendredi par une commission du National. Voilà qui repose aussi la question de l’identité de la famille, objet de toutes les attentions des partis en cette année électorale.

Ce n’est pas un hasard si le PDC a opéré un virage à 180 degrés la semaine dernière, renonçant à vouloir définir le mariage comme étant strictement l’union d’un homme et d’une femme. Le parti d’inspiration catholique cherchait pourtant, dans un premier temps, à faire entériner cette définition au détour de son initiative populaire.
Le PLR est également en proie aux contradictions, lui qui ne voulait pas de la définition restrictive du PDC mais dont certains élus ont refusé le mariage pour tous en commission du National. Les louvoiements des centristes refléteraient-ils les courants contraires qui traversent la société? Sur ce thème, les choses sont plus claires à gauche (progressiste) ainsi qu’à l’UDC (réactionnaire assumée).

Ce premier feu vert ouvre un chemin qui s’annonce encore long. La commission du Conseil des Etats pourrait se montrer moins libérale. Et puis, les avancées sociétales prennent du temps. La question de l’adoption par les couples de même sexe le démontre: un premier projet a été raboté par le parlement en 2014, qui a préféré limiter pour l’instant cette possibilité aux enfants des partenaires. Le peuple aura de toute façon le dernier mot.

Le mariage pour tous n’est peut-être pas une urgence à cause du nombre de demandes. Après tout, moins de 7000 couples en tout ont fait le choix du partenariat enregistré depuis 2007, contre plus de 40 000 mariages chaque année. Mais son importance est capitale pour dépasser le stade de la tolérance et atteindre une véritable égalité des droits.