20/02/2016

En selle contre l'assurance-maladie

La Fédération romande des consommateurs (FRC) souffrirait-elle du syndrome de Don Quichotte? On pourrait le craindre à la voir repartir à l'assaut, fleur aux dents, pour proposer aux Suisses une nouvelle réforme de l’assurance-maladie. Les deux dernières tentatives ont abouti à des échecs cuisants. On parlerait même d’inconscience, si le but de cette nouvelle initiative populaire était de refiler une nouvelle mouture de caisse publique à un souverain qui préfère des assureurs privés.

Le projet de la FRC, même si l’on n’en connaîtra les détails que dans quelques jours, paraît plus subtil: il dessine un mécanisme de caisses de compensation cantonales sur le principe de l’assurance-chômage. Cette structure étatique percevrait des primes alors que les compagnies privées, elles, continueraient à gérer leurs fichiers d’assurés et à viser les factures.

Une façon de tenir la bride aux assureurs en ne touchant pas à l’essentiel du système, de ménager la chèvre et le chou. Pierre-Yves Maillard avait imaginé un compromis de ce genre, en 2010, qu’il nommait «la transition en douceur». On souhaite bonne chance aux initiants pour convaincre la droite libérale et, surtout, pour aller porter la bonne parole en des terres alémaniques allergiques à la mainmise de L’État.

Mais quelles que soient les chances de cette initiative, elle peut se targuer d’une vraie légitimité. Les Vaudois et la majorité des Romands ont voté en faveur d’une caisse publique le 28 septembre 2014. Les médecins du canton de Vaud réclamaient également le changement. Les assurés romands se souviennent encore de la bataille homérique qu’il a fallu mener pour obtenir le remboursement de la moitié de leurs primes maladie payées en trop (1,7 milliard).

Primes qu’un nombre croissant d’assurés ne parvient plus à payer. Constater les lacunes d’un tel système, ce n’est pas être donquichottesque, mais juste réaliste.

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